Kauniita Unia

One day you will see,
Growing in the sea
The Mandylion's curse tear up your veins.

Lise in the sun with demons

Cela faisait longtemps, ce petit goût à la fois âpre et sucré, qui descend d’un coup au fond de la gorge, pour pénétrer le sang et chaque pore de ma peau, me dévorer comme toute douleur humaine. Tout se modifie, au fond de moi, révélant le peu que je connais de mon être, et me permettant de chercher dans les renflouements du paysage comme dans tout ce que j’ai pu écrire, tout ce qu’il me reste à en découvrir.

Certains secrets sont bien cachés. D’autres sont là, juste derrière la feuille d’un érable, dans le jet d’eau d’une fontaine, dans les graines d’une plante mortelle… Ou peut-être est-ce dans cette non-conscience des états de veille et de sommeil temporel que se situe cette vie qui n’est pas seulement le rêve d’un rêve.

Cela faisait longtemps. Le silence, trop insupportable, prenant la consistance de chaque cellule du corps, subjugue imperturbablement, et c’est dur de s’y soustraire. C’est plus facile de céder à la peur, ou à cette addiction à la quête de connaissance, qui est pire que toutes les autres : elle a du sens et se justifie quand, dans le dénouement final, c’est la résolution de son aporie qui met un terme à l’existence. Le Big Crunch.

Une bien belle et juste épitaphe.

Que je retrouve l’éternité ressentie dans chaque seconde où j’étais seule avec le monde, à parler à l’arc-en-ciel sans me brûler sur le soleil…

Tout environnement perceptif scande la même chose, au fond :

“En attendant ton éveil, je choisis la couleur que tu donneras aux choses que tu aimes.”